Qu’est-ce que la médecine environnementale ?

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Par Philippe IRIGARAY - Christine CAMPAGNAC

Santé Intégrative n°40

À l’heure où l’humanité doit faire face à des fléaux de santé publique inédits et d’une nouvelle ampleur, dans lesquels le rôle des facteurs environnementaux est aujourd’hui largement mis en évidence par de nombreuses études scientifiques, la médecine environnementale trouve toute sa place aux côtés de l’approche médicale classique.

DÉFINITION

Le concept de médecine environnementale est d’abord né aux Etats-Unis, en 1962, sous l’impulsion de l’allergologue Theron G. Randolph qui a parfaitement décrit le syndrome de sensibilité multiple aux produits chimiques ou multiple chemical sensitivity (MCS).

L’application de ce concept a été mise en oeuvre à partir des années 1980-1990 dans différents pays d’Europe, en particulier en Allemagne, par un certain nombre de médecins regroupés au sein de l’Académie européenne de médecine environnementale, puis aux Etats-Unis par des médecins faisant partie de l’Académie américaine de médecine environnementale.

Le concept de médecine environnementale a été énoncé en France en 2004 au travers de l’Appel de Paris, un appel signé par plusieurs milliers de personnalités scientifiques
internationales dont plusieurs Prix Nobel de Médecine. La médecine environnementale est par définition la prise en charge diagnostique, pronostique et thérapeutique des malades atteints des différentes maladies ou affections dont on a prouvé ou dont on suppose une origine environnementale.

L’environnement est défini ici dans son sens restrictif, c'est-à-dire ne prenant pas en compte le tabagisme, ni les autres facteurs de risque liés au mode de vie, mais essentiellement la dégradation physique, chimique et/ou biologique de l’environnement laquelle est liée à la pollution. Cette nouvelle pratique médicale est fondée sur la définition biologique et la classification nosologique de ces maladies ou affections ; sur leur objectivation grâce à des biomarqueurs ; sur la mise en oeuvre de traitements et de mesures de prévention individualisés.

À la différence de l’approche médicale classique, la médecine environnementale repose sur la mise en oeuvre de thérapeutiques visant à traiter non seulement les effets, mais aussi et
surtout les causes réelles, principalement environnementales, des maladies. Cette nouvelle approche permet d’appréhender les affections de façon objective avec un regard neuf, d’en reconnaître les prémices clinico-biologiques à un stade encore réversible, de prévenir leur survenue par la mise en oeuvre de traitements préventifs et prophylactiques, et de susciter des mesures de protection individuelle appropriées.

Aujourd’hui cette médecine concerne les nouvelles maladies et affections ayant une origine environnementale, telles que le cancer, le diabète de type 2, l’obésité, certaines affections dites neurodégénératives, comme l’autisme ou la maladie d’Alzheid’Alzheimer, certaines affections auto-immunes et différents syndromes nouvellement apparus et récemment décrits, tels que l’intolérance aux champs électromagnétiques et/ou aux produits chimiques. En fait, si cela est confirmé par les études scientifiques, demain la médecine environnementale pourrait concerner la quasi-totalité de la pathologie médicale, y compris un grand nombre de maladies de description plus ancienne.


ESSAI DE CLASSIFICATION NOSOLOGIQUE DES MALADIES ET AFFECTIONS SELON LEUR ORIGINE ENVIRONNEMENTALE


Maladies et affections certainement d’origine environnementale


• Traumatismes.
• Infections.
• Allergies y compris l’asthme et les dermatoses de contact.
• Intoxications aiguës ou chroniques.
• Déficits neurosensoriels ou neuroendocriniens liés aux stress.
• Névroses et psychoses post-névrotiques.
• Altérations des fonctions vitales liées à des conditions extrêmes.

Maladies et affections dont l’origine environnementale est probable


• Cancers.
• Syndrome d’hypersensibilité multiple aux produits chimiques (MCS).
• Syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques (SICEM).
• Autisme.
• Maladies dégénératives du système nerveux dont les maladies de Parkinson et d’Alzheimer.
• Malformations congénitales non héréditaires.
• Déficit immunitaire acquis.
• Infertilité, stérilité acquise. Maladies et affections d’origine environnementale possible
• Obésité.
• Diabète de type 2.
• Maladies cardiovasculaires autres que celles liées au tabagisme.
• Certaines bronchopathies dont la bronchiolite du nourrisson.
• Psychoses non psychogéniques.
• Maladies auto-immunes : sclérose en plaques, lupus érythémateux,
polyarthrite rhumatoïde.
• Arthrose et autres rhumatismes dégénératifs.