Changeons de niveau de conscience. Revue Santé Intégrative 39

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Par le Dr Nathalie Geetha BABOURAJ - Médecin, Yogathérapeute

Rencontre avec une scientifique qui s’interroge sur la conscience et ses impacts sur les mécanismes de guérion. L’apport de la philosophie indienne dans les états modifiés de conscience. Interview de Shamini Jain, psychoneuroimmunologiste, professeur adjointe dans le département de psychiatrie à l’Université de Californie, San Diego, et chercheuse à l’Institut Samueli.

Deux mois chez les Américains. Pour découvrir comment la médecine intégrative se développe sur le terrain, au-delà de la documentation scientifique qui abonde de plus en plus dans les moteurs de recherche tel que Pubmed. Deux mois d’inspirations humaines, de rencontres enrichissantes, dont celle de Shamini.

Un parfum de thé dans le salon, au coin de la cheminée. Nous sommes bien dans une maison aux tons indiens, chez Shamini Jain, américaine d’origine indienne qui m’accueille avec un chaleureux sourire, pour parler de son prochain grand projet qui lui tient à coeur : réunir autour d’une table des chercheurs de tous horizons, des philosophes, des thérapeutes autour de la question : « Est-ce que les différents états de conscience peuvent avoir un impact sur les processus de guérison ? ».

Intéressant déjà, de trouver dans une même phrase les mots conscience et guérison. Surtout venant de la bouche d’une scientifique. À cette remarque, elle me sourit. Elle a l’habitude des sourires en douce de certains de ses collègues de faculté. Son terrain de recherche est les "biofield energies" et les thérapies énergétiques… Elle collabore avec plusieurs thérapeutes de la région qui interviennent dans des cliniques ou à l’hôpital, pour accompagner les patients pris en charge dans un système médical classique. Sa dernière étude portait sur les effets du toucher thérapeutique dans l’accompagnement de femmes atteintes d’un cancer du sein souffrant de fatigue chronique.

Une nette amélioration de la qualité de vie, ainsi qu’une amélioration de la physiologie du cortisol avaient été notées chez les patientes ayant bénéficié du toucher thérapeutique
(Cancer Journal Février 2012).


« Si ça marche, pourquoi n’est-ce pas diffusé à plus grande échelle ? », je lui demande naïvement. Elle me répond, toujours avec ses yeux pétillants, que les thérapies énergétiques dans la boîte à outils de la médecine intégrative sont les plus difficiles à fairevalider par la communauté scientifique (ah bon ?Parce que l’acupuncture, la méditation, la respiration par leyoga, c’est validé ??? Oui, oui…). Dans les thérapies énergétiques, on ne peut pas mesurer l’"agent", c’est-à-dire l’aiguilled’acupuncture, ou l’évaluation de la respiration d’un pratiquant de yoga… Une thérapie énergétique utilise un canal, un état de conscience du donneur et du receveur que la science d’aujourd’hui
ne sait pas encore mesurer.

Donc blocage des journaux scientifiques. Lors d’une demande de financement récente qu’elle a formulée à la National Institute of Health (NIH, l’équivalant de la Haute Autorité de Santé en France, qui finance aux Etats-Unis des études sur la santé), elle s’est vue refuser le financement pour mettre en place une étude sur le Reiki (toucher thérapeutique issu de la médecine japonaise) car il fallait qu’elle démontre par des mesures objectives et biologiques comment fonctionnait cette approche.

Comment mesurer ces champs d’énergie subtile ? Cette remarque invite Einstein à notre conversation : « Aucun problème ne peut être résolu sans changer le niveau de conscience qui l’a engendré ».

En attendant d’expliquer les phénomènes et leurs mécanismes d’action sur les processus de cicatrisation, rien ne nous empêche de mesurer les effets, à savoir l’amélioration de la qualité de vie des patients pouvant bénéficier de ces approches.